Pourquoi certaines PME dépassent leur dette technologique héritée, et d’autres restent bloquées

Par Valeria Rauchwerger

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Temps de lecture estimé : 10 minutes

Ce que vous allez apprendre

Pourquoi la « dette technologique héritée » n'est pas un problème de budget, mais un problème de gravité décisionnelle

Les trois points de bascule de la croissance où les processus manuels cessent d'être agaçants et deviennent un plafond

Un test de cinq questions pour savoir si vous êtes réellement coincé ou simplement débordé

Ce qui a changé pour deux vraies PME qui se sont libérées d'un système devenu trop petit, une en usinage, une en gestion de matières dangereuses

Le premier geste qui compte plus que le choix d'un nouveau logiciel

Chaque vendredi après-midi, le président d’un atelier d’usinage d’une trentaine d’employés ferme la porte de son bureau, ouvre Excel et bâtit à la main l’horaire de production de la semaine suivante. Quelle machine reçoit quel travail. Quel machiniste a l’ancienneté et les compétences pour le faire. Ce qui est déjà promis à un sous-traitant. Ce qui casse si une machine tombe en panne en milieu de semaine.

Ça prend des heures. C’est déjà faux le mardi. Et c’est la raison pour laquelle l’entreprise continue de refuser des commandes qu’elle pourrait physiquement livrer, non pas parce que l’atelier manque de capacité, mais parce que personne n’a le temps de planifier autour.

Ce n’est pas hypothétique. Et ce n’est pas rare non plus. C’est la raison discrète et peu glorieuse pour laquelle bien des PME cessent de croître exactement là où elles devraient accélérer.

La vraie différence entre les PME qui grandissent et celles qui restent bloquées

Voici le motif que je vois revenir sans cesse : la vraie différence entre les PME qui grandissent et celles qui restent bloquées, ce n’est pas le marché, le budget ou l’ambition. C’est la gravité décisionnelle, c’est-à-dire savoir si le plan de la semaine prochaine dépend de la disponibilité d’une seule personne ou roule sur un système que n’importe qui peut exécuter.

Les PME bloquées comptent sur le fondateur, ou sur une seule personne clé, pour garder tout le plan en tête et le refaire à la main, chaque semaine. Les PME qui grandissent bâtissent plutôt une architecture reproductible, en déléguant l’exécution pour que les revenus puissent croître sans que les coûts, les effectifs et les heures du propriétaire grimpent au même rythme.

Demandez à la plupart des dirigeants de PME pourquoi la croissance a plafonné, et vous aurez une réponse tournée vers le marché : la demande a ralenti, un concurrent a cassé les prix, l’économie a viré. Parfois, c’est vrai. Plus souvent, le marché n’a jamais été la vraie contrainte. C’était le plan.

Les PME bloquées optimisent le fichier Excel. Celles qui grandissent remplacent ce que le fichier Excel remplaçait.

Ce que la dette héritée coûte vraiment à une PME

« Dette héritée » ou « Legacy Debt », ça sonne comme un problème de TI. En pratique, c’est le fossé avec la réalité rendu visible, l’écart entre ce que votre ERP dit qu’il se passe et ce qui se passe réellement sur le plancher. Ça se manifeste à trois endroits qui n’ont rien à voir avec des serveurs.

La taxe sur la productivité

Quelqu’un d’important, souvent le propriétaire ou un directeur d’usine, passe des heures par semaine à faire un travail qu’un système devrait faire : replanifier, ressaisir, réconcilier un fichier Excel contre un autre. Ce n’est pas des frais généraux. C’est votre personne la plus coûteuse qui fait votre travail à plus faible valeur, chaque semaine, indéfiniment.

Mettez-y un chiffre avec vos propres données : heures perdues par semaine × le coût horaire chargé de cette personne × 52. Un directeur d’usine à 60 $/heure qui brûle six heures par semaine en planification manuelle, c’est environ 18 000 $ par année, dépensés pour produire un plan déjà faux le mardi. Et ça, c’est avant de compter les décisions qu’il n’a pas eu le temps de prendre.

Le coût de renonciation

En voici un qui n’apparaît jamais dans un fichier : les commandes que vous refusez pendant que de la capacité dort. Quand le plan ne peut pas vous dire assez vite si vous pouvez prendre un contrat, la réponse prudente est non. Chaque « non » à du travail que vous auriez pu livrer, c’est de la marge laissée sur la table, non pas parce que le plancher était plein, mais parce que la planification ne suivait pas le plancher.

L’usure des talents et du moral

Les bons machinistes et opérateurs ne démissionnent pas parce que le travail est dur. Ils partent parce que le plan change deux fois par jour sans raison visible, ou parce que ce sont eux qui absorbent le coût d’une erreur de planification que personne, en amont, ne pouvait voir venir.

Aucun de ces coûts n’apparaît comme un poste au bilan. Les trois apparaissent dans votre taux de croissance.

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Où la dette héritée fait le plus mal : les points de bascule de la croissance

La dette héritée ne coûte pas la même chose à chaque taille. Elle reste surtout tolérable, jusqu’à ce qu’une bascule précise la rende intolérable. Trois reviennent sans cesse :

1. D’un quart à plusieurs quarts (ou le passage d’un à plusieurs shifts, comme on dit souvent sur le terrain).

2. De commandes simples à des commandes chargées de contraintes.

Dès que la planification doit tenir compte du type de machine, des compétences et de l’ancienneté des opérateurs, de l’ordre des étapes de production et des étapes en sous-traitance en même temps, aucune personne ne peut tout garder en mémoire de travail, aussi douée soit-elle.

3. D’une clientèle stable à un volume de commandes variable.

Quand les nouveaux contrats se mettent à arriver de façon imprévisible, le goulot d’étranglement cesse d’être la capacité du plancher et devient le temps qu’il faut pour savoir si vous avez de la capacité. C’est un problème de planification déguisé en problème de demande.

Si l’un de ces cas décrit où vous en êtes en ce moment, ce n’est pas un hasard. C’est exactement là où les processus manuels passent de « agaçants » à « un plafond ».

Un test rapide : grandissez-vous ou êtes-vous coincé?

Cinq questions, à répondre honnêtement :

  1. Le plan de la semaine prochaine vit-il dans la tête d’une seule personne ou dans un seul fichier Excel, et est-ce que la business serait paralysée si cette personne prenait une semaine de congé?
  2. Quand une nouvelle commande arrive, savez-vous en quelques minutes si vous pouvez la prendre, ou faut-il d’abord tout replanifier?
  3. Pourriez-vous dire, tout de suite, quel pourcentage de la capacité réelle de votre équipe est utilisé aujourd’hui?
  4. Si une machine, un système ou une personne clé tombe en milieu de semaine, la replanification prend-elle quelques minutes, ou presque une journée?
  5. Ça fait plus d’un an que vous vous dites « on est trop dans le jus pour régler ça » ?

Deux « mauvaises » réponses ou moins : vous gérez la dette, vous n’êtes pas coincé dedans.

Trois ou plus : que vous le réalisiez ou non, c’est cette dette qui freine aujourd’hui votre croissance.

Ce que font différemment les PME qui grandissent

L’atelier du début est réel. C’est Engrenages Sherbrooke, un fabricant d’engrenages et centre d’usinage de Sherbrooke, au Québec, avec une trentaine de machinistes qui font rouler une soixantaine de machines. Le président planifiait la production à la main, chaque semaine, dans un fichier Excel, un processus sans réelle façon de tenir compte du type de machine, des compétences et de l’ancienneté des opérateurs, des étapes en sous-traitance, des fenêtres d’entretien et des priorités de livraison, tout ça en même temps. Ça plafonnait le nombre de commandes que l’atelier pouvait accepter, non pas parce que les machines étaient à pleine capacité, mais parce que la planification ne suivait pas les machines.

Ce qui a changé, ce n’était pas un nouvel ERP. C’était Atlas, un système automatisé de planification de la production que Done Technologies a bâti comme le pont entre l’ERP qu’ils avaient déjà et le plan dont l’atelier avait réellement besoin, gérant exactement les contraintes qu’un fichier Excel ne peut pas gérer : l’ordre des étapes de production, la disponibilité réelle des machines et des opérateurs, la sous-traitance et les priorités de commandes, mis à jour au fil de la journée au lieu d’être replanifiés une fois par semaine.

Le résultat : un bond à un taux d’occupation des employés de plus de 95 %, de la capacité de production qui dormait faute de pouvoir planifier assez précisément pour l’utiliser.

Dans les mots de Jeff Bernier, président et chef de la direction d’Engrenages Sherbrooke : « Le système Atlas a non seulement révolutionné nos opérations, mais m’a aussi libéré de lourdes tâches de planification, me permettant de mettre l’emphase sur nos projets d’expansion. »

Quelques mots sur Engrenages Sherbrooke

Engrenages Sherbrooke est un centre d’usinage ainsi qu’un fier fabricant d’engrenages en tous genres. Les engrenages et pièces mécaniques sont fabriqués sur mesure pour les besoins spécifiques des clients, qui apprécient notre solution de gestion, un logiciel d’atelier, ce qui améliore l’organisation. Ce logiciel assure une organisation optimale des ateliers.

Et ce n’est pas qu’une histoire de plancher d’usine. AmNor, une entreprise de gestion de matières dangereuses et de nettoyage industriel, roulait sur Phoenix, une vieille solution intranet qui ne faisait tout simplement plus le travail à mesure que l’entreprise grandissait. Done l’a réécrite et l’a connectée à ProgressionLive, leur solution d’opérations et d’inventaires, pour que les équipes sur la route puissent se connecter en direct depuis un cellulaire ou un iPad avec une application mobile. Les opérations quotidiennes restaient interconnectées et à jour, au lieu d’être réconciliées après coup. L’ancienne façon de travailler n’a pas été entièrement changée; seul l’élément qui ne fonctionnait plus a été refait et relié à ce qui tenait encore la route.

Dans les mots de Félix Gaudreau, directeur régional, Abitibi : « Grâce à l’expertise de Done, nous avons transformé un système obsolète en une solution moderne, intuitive et parfaitement alignée avec nos besoins sur le terrain. »

Quelques mots sur AmNor

AmNor est une entreprise spécialisée dans la gestion des matières dangereuses résiduelles et le nettoyage industriel. Elle prend en charge la récupération, le transport sécuritaire et la disposition de ces matières, tout en offrant des services d’hydro-excavation et d’intervention en cas de sinistre ou de déversement.

Voilà le motif chez les PME qui se débloquent : elles n’ont pas attendu que le contournement devienne insupportable avant d’agir, et elles ont remplacé ce que le vieux système remplaçait, pas seulement l’outil qu’elles avaient sous les yeux. Un fichier Excel dans un cas, un intranet en panne dans l’autre, mais c’est le même geste : bâtir le pont avant que le fossé devienne le plafond.

Se débloquer : un premier geste concret

Vous n’avez pas besoin de refaire toute votre pile technologique pour savoir si c’est là votre plafond. Il vous faut une heure honnête : parcourez le plan de cette semaine et comptez combien de décisions (affectation des machines, séquencement, priorisation) vivent en ce moment dans le jugement d’une seule personne plutôt que dans un système.

Si ce chiffre est élevé, vous avez trouvé votre vraie contrainte de croissance. Ce n’est presque jamais le marché. Ce n’est presque jamais les machines. C’est presque toujours le plan.

C’est la discussion à avoir avant de penser à embaucher, à prendre de l’expansion ou à acheter de nouveaux équipements. Si ça vous parle, parlons de votre réalité.

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Valeria Rauchwerger

Valeria Rauchwerger est spécialiste en marketing numérique avec plus de 8 ans d’expérience en SEO, marketing de contenu et croissance digitale. Chez Pyxis Canada, elle élabore des stratégies de contenu et de marketing pour Done Technologies et rédige sur le développement de logiciels sur mesure, l’automatisation, l’intelligence artificielle (IA), les technologies d’affaires et la transformation numérique, en s’appuyant sur son expérience concrète dans l’industrie.

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